De récents sondage montrent que seuls 10% des salariés ressentent un véritable engagement pour leur travail ! Tous les autres s’y rendraient chaque jour par obligation !

S’il peut paraitre excessif, ce constat explique en grande partie que les plus jeunes, les « millénials » de la génération Z n’aient pas une très bonne image de l’emploi, public ou privé, et recherchent avant tout un sens à donner à leur vie, qu’elle soit personnelle ou professionnelle.

Donner du sens, associer toutes les personnes d’une équipe quel que soient leurs niveaux à la réalisation puis à la réussite d’une mission, transmettre des valeurs fondamentales[1], encadrer et faire progresser les plus jeunes, leur bâtir un avenir à travers un cursus clair mais personnalisé, sont les basiques du leadership militaire. Mais comme tout le monde ne peut pas s’engager dans les armées, quelques exemples issus du commandement militaire peuvent être transmis aux entrepreneurs, en particuliers aux plus jeunes qui se lancent dans l’aventure « start-up » afin que leurs personnels se sentent investis et engagés dans la mission qui est la leur.

Le point commun c’est la passion de créer, de produire, de conduire l’activité à son terme. Les militaires appellent cela une mission, pour les entreprises c’est la même chose, la mission des équipes c’est de réaliser un produit, un service, une activité, et de satisfaire le besoin et le client. Les armées mettent en œuvre la politique décidée lors des conseils de défense, elles produisent de la paix, de la sécurité, elles rassurent. Elles sont une des institutions les plus appréciées des français qui leur font confiance car elles véhiculent une image de valeur refuge à travers leur grand professionnalisme, leur rigueur et, aussi, leur bienveillance dans les rapports humains et dans le commandement. Il n’y a en fait aucune différence avec l’entreprise, nous achetons un produit parce que nous avons confiance dans la marque qui le fabrique….

Alors comment inverser ce désamour envers l’entreprise en particulier ?  Le modèle de leadership militaire peut d’autant plus inspirer les chefs d’entreprises, qu’il y a longtemps que le vocabulaire guerrier a envahi le secteur privé…On ne parle que de conquérir des investisseurs, des marchés, de se livrer une guerre concurrentielle en définissant des stratégies dans tous les domaines !

Le mental d’un chef militaire qui doit emmener ses troupes au combat peut servir d’exemple au chef d’entreprise qui a besoin que toute son équipe soit derrière lui, pour améliorer les produits, devenir plus concurrentiel ou encore éviter une fermeture et des licenciements.

Les nouvelles générations (Y/Z) ont besoin de sens, de rapports de confiance et de proximité avec leurs managers dont ils veulent apprécier la légitimité, l’exemple du leadership militaire peut-être très utile aux entreprises. La moyenne d’âge des militaires est de 33 ans, la légitimité du chef se démontre par l’exemplarité, et la transmission vers les plus jeunes. De même, en dépit d’une visibilité hiérarchique traditionnelle, le principe affirmé dans certaines armées qui veut que la fonction et la compétence priment le grade est de nature à plaire aux jeunes générations qui ont souvent bien des choses à apprendre à leurs ainés, comme par exemple l’usage des réseaux sociaux !

On parle beaucoup de management, de qualité de vie au travail, de nombreuses réunions monopolisent employés et responsables, des experts sont requis pour en parler, mais en réalité on fait peu d’humain. Les chefs d’entreprise qui sont légitimement soucieux de leur rentabilité et des bénéfices qui assurent leur survie doivent intégrer la dimension humaine qui est leur véritable richesse et non une simple variable d’ajustement d’organisation ou d’équilibre budgétaire. Idem pour la génération de start uppers, qui doivent impérativement associer l’humain à l’approche technologique et numérique qui permet la mise en œuvre des meilleures idées. Toutefois, pour inscrire leur entreprise dans une croissance durable il faut pouvoir compter sur des équipes motivées et fidélisées. Si on n’est pas convaincu que les équipes sont la clé de la réussite d’une entreprise, ça ne marchera pas. Les exemples de grandes entreprises qui n’ont tenu que par leur fondateur et qui s’effondrent faute d’avoir trouvé le bon successeur sont légions.

Le leadership s’apprend en prenant conscience de la dimension humaine des projets, des équipes, mais aussi des personnes qui soutiennent les entreprises, y compris les banques.

Le chef militaire sait appréhender l’humain de celui qui doit exécuter une tâche quel que soit son rôle et son niveau et quelle que soit la complexité de la tâche. Il sait que chaque maillon de la chaîne est important et porte une part du succès de la mission. Il faut croire en eux et ils croiront en vous !

L’exemple du management militaire répond au besoin des entreprises de s’adapter aux nouvelles générations dont le rapport avec le travail est plus proche de l’engagement que leurs prédécesseurs. La génération Z souhaite donner un sens à sa vie, être utile, entreprendre et surtout ne pas s’ennuyer…Mais elle a conscience de la fragilité du monde et s’inscrit à la fois dans le développement durable et le socialement responsable, c’est une rupture par rapport à leurs ainés.

Pour fidéliser les nouvelles générations il faudra leur donner à la fois de l’autonomie et des responsabilités, les faire travailler en équipes, leur faire des retours d’expérience (feed back) et enfin, bien entendu capitaliser sur leurs aptitudes à utiliser les outils numériques (digital natives).

Les clés de ce leadership basé sur l’humain sont simples :

  • Connaitre les hommes et les femmes que vous dirigez, les soutenir en cas de coup dur, ils vous renverront l’ascenseur et vous pourrez leur demander de se dépasser quand ce sera nécessaire.
  • Accorder du temps et de l’attention : à chacun, prendre le pouls des équipes chaque jour.
  • Accorder votre confiance aux équipes mais aussi aux plus jeunes qui ont un énorme potentiel.
  • Donner des responsabilités pour valoriser les équipes, et s’ils se trompent tant mieux car l’échec est source d’apprentissage !
  • Déléguer ! On n’arrive à rien seul : confiez des tâches à vos associés et à vos collaborateurs. Vous avez besoin de vos équipes, elles vous le rendront au centuple, car elles ne voudront pas vous décevoir.

Une dernière clé : faire grandir son équipe et mettre en valeur chacun.

Enfin, ne pas se priver de 50% des talents d’une génération et ne pas hésiter à engager des femmes.

 

[1] passion, engagement, ténacité, énergie, courage, dépassement de soi, exemplarité.